• Justine Brousseau

Bouger pour arrêter de fumer


Par Justine Brousseau
NOVEMBRE 2021
 

Nombreuses sont les publications sur les ressources offertes pour entamer le long et laborieux chemin qu’est la cessation tabagique. Pour la majorité des fumeurs, les bienfaits de l’arrêt tabagique pour la santé sont déjà bien ancrés dans leur esprit; augmentation de l’énergie et de la capacité cardiovasculaire, diminution des essoufflements, plus de facilité à respirer, diminution des risques de développer une maladie cardiovasculaire, un cancer ou de faire un accident coronarien (un AVC, par exemple) (Québec sans tabac, 2021). À d’autres niveaux, l’arrêt tabagique permet d’avoir plus d’argent dans ses poches, on n’a plus à sortir dehors à -25° pour fumer, on peut passer plus de temps avec nos proches et se sentir généralement en « meilleure santé ».

Toutefois, l’arrêt complet et sans rechute demande bien plus que quelques bons mots lus sur le net. Puisque cette plateforme a été créée par des étudiant(e)s en kinésiologie, la présente publication cherche donc à répondre à une question simple : Est-ce que l’activité physique peut aider à la cessation tabagique?

La plupart des études consultées s’entendent pour dire que l’activité physique n’augmente pas l’envie de commencer à fumer et la quantité de cigarettes fumées chaque jour. Cependant, certaines études suggèrent qu’il n’y a pas de corrélation entre le niveau d’activité physique pratiqué dans une semaine et le nombre de cigarettes consommées. D’autres études encore, affirment que plus le niveau d’activité physique d’un individu est élevé, moindres sont les chances que cet individu ne fume. (Salin et al., 2019). Ces résultats tendent à démontrer un lien entre l’activité physique et la consommation de tabac mais concrètement, qu’en est-il de l’utilisation du sport pour diminuer l’envie de fumer?


« L’augmentation des comportements sédentaires, du temps d’écran, le manque de transport actif et les emplois peu actifs sont les raisons les plus reconnues justifiant la diminution des niveaux d’activité physique journaliers » (Maric et al, 2021). En d’autres termes, il est de plus en plus difficile d’avoir un mode de vie actif tous les jours dû aux changements comportementaux que les communautés subissent. Les deux premiers éléments mentionnés (comportements sédentaires et le temps d’écran) sont des barrières importantes à l’arrêt tabagique, puisqu’il est beaucoup plus facile pour un individu de fumer quelques cigarettes en étant assis et/ou en regardant la télé que de le faire en étant actif, sur un tapis roulant par exemple. Sur ce point de vue, l’activité physique peut donc aider à la cessation tabagique en réduisant les comportements sédentaires et le temps libre pour fumer.


D’un point de vue plus scientifique, l’activité physique pourrait diminuer la progression des détériorations neurocognitives causées par la consommation de tabac. La dépendance à la nicotine, les comportements liés au tabagisme et les symptômes d’envie de fumer en début de cessation, semblent tous être réduits chez les individus qui sont physiquement actifs. De plus, la pratique régulière d’activité physique peut aider à atténuer les effets négatifs du tabagisme sur les fonctions neurocognitives et en augmenter les capacités : amélioration de la mémoire, amélioration de la vitesse de procession des informations, amélioration de l’activité du cortex préfrontal lors des tâches de mémoire, amélioration du flux sanguin cérébrale, diminution d’athérosclérose et amélioration de la fonction endothéliale (Loprinzi et al, 2015).


Conclusion : Oui, la pratique régulière d’activité physique peut aider à la cessation tabagique et contrecarrer les effets négatifs de la cigarette.


Puisqu’environ 80% des fumeurs qui essaient d’arrêter de fumer par eux même rechute en 1 mois, et que seulement 3% arrivent à maintenir la cessation tabagique (Loprinzi et al, 2015), voici quelques ressources que vous pouvez consulter si vous ou l’un de vos proches souhaitez arrêter de fumer :

· Ligne téléphonique gratuite pour les résidents du Québec : 1 866 JARRETE (527-7383)

· Ligne de message texte : SMAT (Plus d’information: https://www.smat.ca/fr)

· Centres d’abandon du tabagisme au Québec : https://quebecsanstabac.ca/jarrete/aide-personne

· Le défi « J’arrête, j’y gagne » : https://defitabac.qc.ca/

Pour plus de renseignements sur la cessation tabagique, consulter le www.quebecsanstabac.ca


Mythe ou réalité : Il est mieux de « vapoter » que de fumer.

Pour les fumeurs dont la cessation tabagique est plus ardue, il est possible de réduire certains risques pour la santé en « vapotant » au lieu de fumer, puisque les vapoteuses ne contiennent pas de tabac, ne produisent pas de fumée et ne demandent pas de combustion.

Cependant, vapoter devrait faire partie des derniers recours quand les autres techniques de cessation tabagique (traitement pharmacologique, counseling, etc.) ne fonctionnent pas.

De plus, les vapoteuses comportent tout de même des risques pour la santé, comme la dépendance à la nicotine ou encore, l’apparition de problèmes cognitifs, particulièrement chez les adolescents. Elles ne devraient donc pas être utilisées par les non-fumeurs et les adolescents.

Pour plus d’informations, consulter le www.canada.ca/fr/sante-canada/services/tabagisme-et-tabac/vapotage



 
Références

Maric D., Bianco A., Kvesic I., Sekulic D., Senic N., 2021, « Analysis of the Relationship between Tobacco Smoking and Physical Activity in Adolescence: A Gender Specific study », Medicina, VOL 57, P.214, https://doi.org/10.3390/medicina57030214


Salin K., Kankaanpää A., Hivensalo M., Lounassalo i., Yang X., Magnussen C., Hutri-Kähönen N., Rovio S., Viikari J., Raitakari O., Tammelin T., 2019, « Smoking and Physical Activity Trajectories from childhood to Midlife », International Journal of Environmental Research and Public Health, VOL 16, P.974, https://doi.org/10.3390/ijerph16060974


Loprinzi P., Herod S., Walker J., Cardinal C., Mahoney S., Kane C., 2015, « Development of a Conceptual Model for Smoking cessation: Physical Activity, Neurocognition, and Executive Functioning », Research Quarterly for Exercise and Sport, VOL 86, P.338-346, https://doi.org/10.1080/02701367.2015.1074152



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