• Michael Dupont & Naomi Lejeune

La prévention des troubles musculosquelettiques chez les travailleurs saisonniers


Par Michael Dupont & Naomi Lejeune 
Novembre 2021

Avant de se lancer dans le vif du sujet, il est important de décrire ce qu’est un trouble musculosquelettique (TMS). Les TMS regroupent l’ensemble des blessures de nature musculosquelettique qui affectent les articulations, les muscles, les tendons, les ligaments, les cartilages et parfois les nerfs (CNESST, 2019). Généralement, ceux-ci se développent progressivement et commencent à se manifester par des malaises, des douleurs et de l’inconfort. Les conséquences des TMS peuvent être importantes pour le travailleur (diminution de la qualité de vie, limitation des activités quotidiennes et des loisirs, souffrances physique et morale, traitements, etc.), mais aussi pour l’employeur (formation de remplaçants, retard de production, etc.) (CCHST, 2021).


Les troubles musculosquelettiques les plus souvent répertoriés concernent les mains, les poignets, les coudes, les épaules, le cou et le dos. En effet, ces régions sont mises à contribution dans presque toutes les professions. De plus, les membres inférieurs tels que les hanches, les chevilles et les pieds peuvent être affectés par des TMS. (CNESST, 2019).


Pour une meilleure compréhension du sujet, il est aussi important de donner une description du terme « facteur de risque ». Un facteur de risque est « une condition présente dans le milieu de travail, par exemple une exigence de force élevée, et dont la présence a été associée à l’apparition d’un problème de santé. Le facteur de risque peut être directement responsable de l’apparition d’un trouble de santé, peut agir comme un déclencheur ou peut créer des conditions propices à l’apparition d’un trouble » (Chicoine, Denise & al., 2013). La présence d’un facteur de risque n’est pas suffisante à elle seule pour estimer le risque de blessure d’un travailleur. Il y a trois paramètres qui entrent en ligne de compte lorsqu’on parle de TMS, soit : l’intensité, la fréquence et la durée de la tâche. L’intensité fait référence à l’effort. C’est-à-dire plus l’effort est grand ou la posture est extrême, plus le risque est élevé. La fréquence signifie le nombre de fois où le facteur de risque est présent dans un intervalle de temps donné. La durée quant à elle englobe plusieurs significations. Il peut s’agir de la durée du maintien d’une posture dans un quart de travail ou bien du nombre d'heures dans un quart de travail où le travailleur est exposé à un risque donné. Enfin, celle-ci peut également faire référence au nombre d'années qu’a été exposée la personne à différentes tâches dans sa vie professionnelle. Tous ces éléments permettent de caractériser la plupart des facteurs de risque (Chicoine, Denise & al., 2013).




Voici quelques exemples de facteurs de risques :

  • Les postures contraignantes et statiques

  • Les efforts musculaires

  • La fatigue musculaire

  • La répétitivité des mouvements (périodes insuffisantes de repos)

  • Les vibrations

  • Les pressions locales

  • Les facteurs organisationnels, environnementaux et psychosociaux

  • Etc.

Afin de prévenir les TMS, il est important de diminuer certains facteurs de risque. Par exemple, diminuer le temps de travail sur une même tâche et augmenter le temps de repos pourraient être deux stratégies utilisées. De surcroît, il est tout aussi important de maintenir une capacité physique adéquate ainsi que de saines habitudes de vie. C’est pourquoi la pratique d’activités physiques est importante pour les travailleurs saisonniers tout au long de l’année. Il faut tout de même prendre en considération que pour la majorité de ceux-ci, leur travail est difficile physiquement durant la saison. Il est donc normal de pratiquer moins d’activités physiques durant la saison de travail. Nous avons formulé des recommandations en termes d’activité physique selon la saison de travail et la « saison morte ».


Recommandations en termes d’activité physique hors saison


En ce qui a trait à l’entraînement aérobie, il est recommandé d’effectuer 5 séances d’entraînement cardiovasculaires d’une durée de 30 à 60 minutes par semaine d’une intensité modérée (60% du VO2 max) ou 3 séances cardiovasculaires à une intensité élevée d’une durée de 20 à 60 minutes.


Pour l’entraînement musculaire, il est recommandé de faire 2 à 3 séances par semaine en sollicitant les grands groupes musculaires (quadriceps, ischiojambiers, grand dorsal, pectoraux, etc.). Une intensité faible à modérée (<50 % du 1 RM) devrait être visée. Pour accroître l’endurance musculaire, il est recommandé d’effectuer 2 à 4 séries de 15 à 25 répétitions (ACSM’s., 2018).


Il est recommandé d’effectuer 5 à 7 séances de flexibilité par semaine et de solliciter l’ensemble du corps. Pour ce faire, il est recommandé d’effectuer 3 à 4 exercices par séance et maintenir une position statique durant 10 à 30 secondes (ACSM’s., 2018).


Recommandations en termes d’activité physique durant la saison régulière


Durant la saison, il est recommandé de faire 1 à 2 séances d’entraînement cardiovasculaire par semaine, 1 séance d’entraînement en musculaire et 2 à 3 séances de flexibilité. L’objectif est de maintenir un bon niveau de conditionnement physique durant l’entièreté de la saison régulière. Pour éviter les blessures, il est important de prendre en considération les trois phases d’entraînement pour chacune des séances d’entraînement, soit l’échauffement, l’entraînement et le retour au calme (ACSM’s., 2018).


Pour plus d’informations, n’hésitez pas à consulter votre professionnel de la santé afin qu’il vous éclaire à ce sujet.




 

Références


ACSM’s Guidelines for Exercise Testing and Prescription (2018), tenth edition Wolters Kluwer, Lippincott Williams & Wilkins ISBN 978-1-4963-3906-5


Centre canadien d’hygiène et de sécurité au travail (CCHST), (2021). Troubles musculo-squelettiques liés au travail (TMSLT) Gouvernement du Canada. Repéré à :https://www.cchst.ca/oshanswers/diseases/rmirsi.html#:~:text=L'expression%20%C2%AB%20troubles%20musculo%2D,cervicale%20en%20sont%20des%20exemples.


Chicoine, Denise., Simoneau, S., & St-Vincent, M. (2013). Les TMS des membres supérieurs : Mieux les comprendre pour mieux prévenir. (2e éd.) Longueuil, QC : Asphme


CNESST. (2019). Troubles musculosquelettiques : Une démarche simple de prévention. Québec. ISBN 978-2-550-83767-1.

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